L’animal Satori – conte Zen

Il y avait un animal qui s’appelait Satori et qui narguait toujours un pauvre bûcheron lorsqu’il allait couper son bois dans la forêt. Le pauvre bûcheron avait beau essayer de l’attraper, avec ses mains, avec sa hache, en lui jetant des pierres, des branches coupées, il n’y arrivait pas. Et l’animal Satori tournait autour de lui, l’empêchant de bien travailler et même d’écouter le chant des oiseaux.

Il crut devenir fou.

Alors il décida de ne plus faire attention à l’animal Satori et de se concentrer sur sa tâche, branche après branche, fagot après fagot, tas de bûches après tas de bûches. Un arbre qu’il venait de couper avec beaucoup d’efforts écrasa l’animal Satori. La forêt était redevenue la forêt. Et le bûcheron entendait à nouveau le chant des oiseaux.

 

Notre esprit est pareil à l’animal Satori : il bouge et virevolte, s’angoisse et se disperse. En fait, on peut se rendre compte que l’on est sans cesse, comme le dit l’adage populaire, perdu, noyé dans nos pensées. Et cela nous empêche d’être dans la réalité de la vie. Et d’éveiller et agrandir l’espace de conscience qui se trouve en chacun de nous.